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mercredi 23 juin 2010

Wolfman

S’il existe une malédiction plus cruelle que devenir une bête à chaque pleine lune, c’est bien celle d’être un loup-garou au cinéma. À chaque nouvelle tentative, la bestiole n’en finit plus de se prendre les pieds dans le tapis angora : fauché ou grand luxe, vintage ou dernier cri, le lycanthrope filmé est le royaume de la rouflaquette postiche, du bonnet hirsute, de la mandibule prognathe et du grognement préhistorique propulsant invariablement le comédien de service puis le film tout entier dans le comique involontaire.

Hormis l’épatant Hurlements de Joe Dante qui, seul, su relever brillamment le défi en imaginant la transformation intense et organique d’un monstre à la fois "réaliste" et effrayant, tous ses successeurs ont foiré le come back à des degrés divers : le loup façon grizzly du Loup-Garou de Londres et son interminable transformation proprette, La Compagnie des Loups et ses écorchés télescopiques, les masques de carnaval de Peur Bleue (non, pas celui avec les requins), Teen Wolf ou son avatar à oreilles de lapin du clip Thriller de Michael Jackson. Même le choix du maquillage léger et du propos de fond de Wolf par le très sérieux Mike Nichols n’épargne pas Jack Nicholson et James Spader lors d’un final poilant et bondissant, tout en "grrr" et coups de pattes. L’arrivée des effets numériques, loin de conjurer le sort, ajoute au contraire un supplément d’artifice : Le Loup Garou de Paris, Underworld, Twilight…

Avec ce Wolfman, Universal tente un "retour aux sources" de ses propres classiques puisqu’il s’agit du remake de la version de 1941 qui fixa pour longtemps les règles du mythe (balles d'argent, pleine lune...). En s’offrant un budget confortable bien loin de la série B, un casting de stars et un scénario romantico-gothique, Wolfman a clairement l’ambition d’emprunter le même chemin que le flamboyant Dracula de Francis Ford Coppola qui ringardisa en un seul film 50 ans de vampires cinématographiques. Danny Elfman applique d'ailleurs la consigne avec zèle en plagiant consciencieusement l’un des thèmes principaux du dandy des Carpates.

Pourtant l’approche est séduisante et possède le mérite de nous offrir un sombre décorum victorien qui avait étrangement disparu de presque toutes les versions récentes. Mais comme souvent avec les "retours aux origines", il s’agit surtout d’un manque d’imagination et d’audace.
Car entre le réalisateur du Parrain et l’insipide Joe Johnston à qui est confié ce Wolfman nouveau, il y a un monde. Filmant sans aucune inspiration de jolis décors et costumes mille fois vus ailleurs, Johnston échoue à mettre en place la moindre tension, la plus petite émotion narrative ou esthétique. Les scènes se suivent et ne s’emboîtent pas toujours au mieux, déroulant mollement un long récit cousu de fil blanc.

Côté comédiens, la comparaison est tout aussi cuisante : Benitio del Toro n’est pas Gary Oldman. Incapable de transmettre une once d’énergie à son personnage, l’acteur semble avoir été victime de la mouche tsé-tsé plus que d’un quelconque carnivore énervé. Parcourant les décors tel un fantôme, il n’échappe pas toujours au comique avec sa curieuse coiffure anachronique et une diction qui prend tout son relief lors de l’introduction shakespearienne. Emily Blunt assure le minimum syndical de la belle de service, tandis qu’Hugo Weaving fait trois petits tours et puis s’en va. Seul Anthony Hopkins parvient à composer un véritable personnage, à la fois étrange et déplaisant.

Mais qu’en est-il de l’incontournable "morceau de bravoure" du genre, cette transformation à vue qui est au film de loup-garou ce que le duel est au western et les atermoiements sont à la comédie romantique ? Évidemment les effets numériques ont été convoqués et, si la métamorphose s’en tire plutôt mieux que les récentes tentatives du même type, l'on n’évite pas quelques transitions vaguement grotesques oscillant entre le chewing-gum et la créature gonflable. Pourtant le pire est encore à venir avec l’affrontement final des deux monstres. Car le prétexte du "retour aux sources" est aussi l’occasion de remettre en selle l’esthétique des années 40 : une idée aussi pauvre que saugrenue, pour ne pas dire suicidaire, qui autorise la reprise de la chapka touffue et du dentier de sanglier, du torse moquetté et de la grosse baffe griffue. Jusque-là faible et sans âme, le film est alors précipité d’un coup dans cette zone fantôme où moisissent ses prédécesseurs : le ridicule.

Une vraie malédiction je vous dis…

mardi 20 avril 2010

Le Choc des Titans

Il est des exploits qui frisent l’intervention divine et la chose magique. Foirer à ce point un remake de ce genre, il fallait de la ténacité et de l’ambition : Louis Leterrier l’a fait. Cet homme n’a peur de rien, on le savait depuis son redoutable Hulk. Mais il démontre aujourd’hui qu’il ne s’agissait pas d’un accident de parcours lié à un personnage ingrat. Non, Louis Leterrier tient le cap afin de rejoindre Michael Bay au panthéon des plus mauvais réalisateurs de blockbusters et au-delà. Et il y parvient avec une aisance remarquable.

Pourtant l’affaire s’annonçait bien moins risquée que l’adaptation du géant vert : il s’agissait de redonner du tonus et un coup de lustre à un Choc des Titans de 1981 charmant et réussi mais déjà passablement vieillot à l’époque. Film d’aventure construit tout entier autour d'effets spéciaux - comme toutes les productions du tandem Schneer/Harryhausen depuis 1955 -, Le Choc des Titans touille plusieurs mythes docilement mis en images par Desmond Davis, yesman de l’époque qui se borne à filmer les intermèdes entre chaque morceau de bravoure d’un Ray Harryhausen en fin de carrière. C'est léger, simple, bon enfant. Bref, on est assez loin de Citizen Kane.

Nulle révérence excessive donc, ni hurlement au sacrilège de ma part pour oser profaner un "classique" : tout en étant très attaché à l’original, l’annonce de ce remake m’enthousiasmait. Le projet annonçait en effet le retour de l’aventure mythologique tout en s’attaquant à l’un de ses meilleurs représentants dont la remise au goût du jour était prometteuse, pour ne pas dire "facile". Mieux : les dieux semblent même se pencher un temps sur le projet puisque c’est Lawrence Kasdan qui était chargé du premier scénario tandis que les producteurs clamaient leur admiration du Gladiator de Ridley Scott. Ma foi, on a vu pires augures.

Et puis soudain, tout bascule comme disent les journalistes. Exit Lawrence Kasdan, arrivée de Louis Leterrier. L’enthousiasme en prend un coup mais je croise les doigts. Après tout, on l’a vu, l’original était aussi un film de producteurs. L’irruption d’une bande-annonce tonique en diable me rend même confiant. Il y a bien ce Zeus chevelu et illuminé façon disco qui inquiète un peu mais le laser enfumé derrière un Laurence Olivier épuisé n’échappait pas non plus au kitch dès 1981.

Las, la découverte du film lui-même se situe au-delà d’une simple déception. Durant 2 heures, Letterier collectionne méthodiquement les bourdes. Là où l’histoire originale est fluide et limpide, tout est ici bancal et inutilement confus. En prétendant ajouter des éléments, le film ne fait que se perdre toujours un peu plus dans les méandres de motivations fumeuses. Motivations dont il faut en permanence expliquer les tenants à coup d’introduction récitée et de péripéties racontées à postériori. Plus grave : en éliminant la scène d’ouverture de l’original, il sacrifie un élément spectaculaire décisif qui du même coup prive le spectateur d'un aperçu de la menace censée planer ensuite durant tout le film. D'un point de vue narratif c'est du suicide. Le déroulement de la quête est du même niveau, accumulant les épreuves de façon désordonnée dans un fatras de scènes disparates s’entrechoquant sans aucune unité si ce n’est celle d’être très mal filmées et photographiées.

Côté comédiens, c’est un jeu de massacre. Qu’ils soient inconnus, confirmés ou prestigieux, tous se vautrent à chaque instant, démontrant, comme c’était déjà le cas dans Hulk, que le problème se situe bien derrière la caméra. Sam Worthington, déjà falot dans Avatar et Terminator Salvation, sublime encore son jeu limité et son absence totale de charisme. Mais soyons honnêtes, son prédécesseur ne brillait guère par sa présence et son talent, sa sélection étant due surtout à son statut d’amant d’Ursula Andress retenue alors pour incarner la déesse Aphrodite.
Liam Neeson, déjà rompu à l’exercice depuis La Menace Fantôme, limite les dégâts et en fait le moins possible. Malheureusement Ralph Fiennes n’a pas cette chance : son rôle d’Hadès étant plus "consistant" que celui de Zeus, l’occasion lui est donnée de se ridiculiser à plusieurs reprises. Affublé d’un maquillage de train fantôme, d’une posture hasardeuse, d’une voix enrouée et de dialogues insipides, on a la tentation de détourner le regard, submergé par l’embarras. Tous les autres seconds rôles sont transparents, inadaptés ou en font des caisses, maniant un humour à mi-chemin entre Taxi et Transformers. C'est dire si on rit.

Le festival de mauvais goût qui tient lieux de choix esthétiques n'arrange rien. Mais est-ce bien surprenant de la part d’un réalisateur se réclamant des Chevaliers du Zodiaque ? Outre l'Olympe plutôt moche, c'est une succession de postiches miteux et de maquillages à la truelle qui rappellent les inénarrables téléfilms italiens type La Caverne de la Rose d'Or. Une mention pour les Djinns, subtils mélanges d’Hommes-des-Sables et de Transformers en bois affublés d’yeux lumineux. S'ajoute à cela un Calibos aux allures de mutant radioactif échappé de La Colline à des Yeux tandis que la Méduse en toc semble extraite de l’affreux Beowulf 3D de Zemeckis. Reste le Kraken qui s’en tire plutôt bien, il est bien le seul. Scènes d’action illisibles, cadrages je m'en foutistes, décors artificiels et effets spéciaux ternes complètent le tableau.

On a trop souvent tendance à sous estimer la difficulté de réaliser convenablement un film de ce type, en pensant à tort que n’importe qui fait l’affaire, que ce n’est qu’une question d’argent, d’effets spéciaux. À la vision de cette purge, on se rend compte combien l’entreprise est hasardeuse, en équilibre entre d'innombrables choix artistiques pouvant, à chaque instant, faire sombrer le film tout entier. Et contrairement aux idées reçues, ces choix sont souvent ceux du réalisateur en titre. En archétype du cinéaste indigent incapable même de copier son modèle, Leterrier nous offre là un bêtisier du gros film, et plus largement une sorte "d'anti leçon" de cinéma. Car loin du simple remake raté ou de la superproduction impersonnelle, Le Choc des Titans 2010 est avant tout un film effroyable, à la fois horriblement mal écrit et dirigé, sans aucun atout, même pas celui d’être involontairement drôle. A fuir.

lundi 23 novembre 2009

X-Men Origines : Wolverine

Avec ce redoutable spin-off de la saga X-Men, on mesure à quel point les détracteurs du 3eme épisode avaient hurlé au loup prématurément. Car si le film du transparent Brett Ratner n’était pas au niveau des deux précédents réalisés par Bryan Singer, il offrait malgré tout une suite décente. Surtout en regard de cet X-Men Origines miteux, caricature de la suite bâclée et putassière.

En bricolant un scénario badaboum qui juxtapose grosses baffes et mélo ultra prévisible, le film de Gavin Hood (hein ?) parvient en effet à flinguer en totalité l’univers si brillamment recréé à l'écran par Singer. Toute la dimension humaine des personnages, l'approche ambiguë de leurs propres pouvoirs, leur intégration dans une société hostile, les conséquences politiques, bref tout ce qui fait des X-Men le comic le plus riche de la Marvel est ici purement et simplement saccagé au profit d'un vide intersidéral. Et c'est bien là que le bât blesse : une trahison peut parfaitement trouver sa légitimité si elle permet d'ouvrir de nouvelles perspectives ou laisser s'exprimer un auteur. Mais ici rien de tel. Même les origines mystérieuses, presque effrayantes de Wolverine sont disséquées de la plus plate manière, à coup de raccourcis historiques torchés et de process militaro expérimental de fête foraine.

Ok, Hugh Jackman (ici co-producteur) reste un Wolverine irremplaçable. Mais il évolue là dans un fatras de cascades et de bouts de récits disparates. Entouré d’une brochette d’acteurs falots en tête desquels Danny Huston qui reprend platement le rôle de Stryker créé par Brian Cox, le Logan nouveau peine à distiller la moindre émotion, pire : le moindre intérêt. Tout y est sacrifié sur l’autel de l’action creuse et de la péripétie lourdaude. À ce titre, la scène dans la ferme résume toute entière l'indigence du script.

En guise d’apothéose, une apparition de Deadpool, improbable best of de pouvoirs mutants compilés par Strykerstein, donne lieu à une ultime séance de frappe sur fond d’effets spéciaux pisseux. Ce festival de mauvais goût tous azimuts culmine avec un passage éclair du Pr Xavier sous la forme d'un Patrick Stewart en 3D, ultime effet de manche foiré qui tente désespérément de rattacher cette purge à la saga d’origine.

Ravie du score au box office de cet ennuyeux jeu de massacre, la production annonce un autre volet "origines" centré cette fois sur Magneto. On frémit du sort qui attend l'un des plus complexe et charismatique Vilain de l'univers des Super-Héros, magnifiquement incarné à l'écran par Ian McKellen dans les trois premiers films.

lundi 27 juillet 2009

Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé

Voilà, cette fois c’est la "bonne" : la saga Harry Potter est morte. Déjà douché par le précédent épisode (ah comme ce terme est désormais tristement adapté…) et son scénario poussif, c’est presque en croisant les doigts que je suis allé voir celui-ci : la bande-annonce était prometteuse, les plates errances de l’Ordre du Phoénix semblaient avoir été évitées au profit d’une ambiance plus tendue et surtout en retrouvant le faste des autres films. Seulement voilà, ce trailer d’1 minute 30 est d’une malhonnêteté rare qui frise l’escroquerie : la totalité des plans spectaculaires y sont visibles, jusqu’à une apparition de Voldemort adulte qui ne figure jamais dans le film lui-même.

Mais alors de quoi sont donc constituées les 2h30 restantes me direz-vous ? Eh bien par la pire évolution imaginable : un fade mélange de bit-lit et de teen movies où la préoccupation sentimentale rose bonbon prend presque toute la place. On passe d’un couloir à un autre, d’une salle de classe à la cafet’, pardon, à l’auberge du coin comme dans un soap pour ado mais où chaque décor serait fastueux (à défaut d’être surprenant puisqu’on les connaît déjà presque tous). Hermione est-elle jalouse, Ron amoureux ? Harry, dont Romilda est amoureuse, va-t-il embrasser Ginny qui sort avec Dean ? La copine de Ron va-t-elle évincer Hermione qui elle-même louche par dépit sur le beau Cormiac ? Vous vous en foutez ? Moi aussi !

Tant que ces préoccupations pré pubères n’étaient qu’un ingrédient de plus comme dans La Coupe de Feu, elles enrichissaient habilement la saga. Dès lors qu’elles deviennent centrales au détriment de l’intrigue et surtout du spectacle comme c’est le cas ici, on échoue dans le plus redoutable ennui. Car enfin J.K. Rowling n’est pas Shakespeare et, même en affectant une pose "dark" à la mode censée donner une crédibilité à n'importe quelle histoire à 2 sous, toutes ces aventures minuscules sont d’une désarmante platitude. Et comme les jeunes acteurs ou la réalisation ne sont pas assez denses pour faire oublier cette pauvreté d’écriture, le film n’est qu’une suite d’ennuyeuses et répétitives scénettes artificielles.

De temps à autre le scénariste (ou l'auteur ?) se rappelle qu’il s’agissait à l’origine d’affrontements entre puissants sorciers et l’on s’agrippe à ces quelques scènes comme un naufragé à son radeau. Rares, elles sont aussi malheureusement mal fichues et sans aucune densité dramatique. On retrouve d’ailleurs ici la marque de David Yates qui, comme pour le précédent opus, foire méticuleusement tous ses climax, même les plus porteurs !

Alors certes, le jeune public féminin passe la séance à glousser à chaque répartie d’Hermione ou à la balourdise de Ron, tandis que les lecteurs fans semblent satisfaits de ces nouvelles adaptations plus proches, paraît-il, des romans. Mais l’amateur de cinéma, d’imaginaire trépidant et bon enfant, de grand spectacle épique et de mystère au goût de contes de fées astucieusement remis au goût du jour qui caractérisaient la série jusqu’au quatrième film n’y grappillera que quelques pauvres miettes rassies parsemant un long bout à bout soporifique.

vendredi 24 juillet 2009

Le Jour où la Terre s'Arrêta

Oui bien sûr, il est convenu de se pincer le nez dès l'annonce du moindre remake, en particulier lorsqu'il s'agit d'un classique où la démarche vire alors carrément au sacrilège. Le film original signé Robert Wise appartenant au club - plus guère sélect - du film culte, cette nouvelle mouture souleva évidemment l'hostilité de principe des gardiens du temple dès son annonce. Pourtant que risquait-on ? Que le film soit meilleur et fasse pâlir à jamais l'original comme le fit John Carpenter avec The Thing cet autre classique de la S.F. datant de la même année ? Tant mieux ! Ou bien qu'il s'agisse d'un foirage qui rehausse encore le prestige de l'original ? Les adeptes du culte ne pourraient qu'en être satisfaits.

Je suis resté longtemps sur le souvenir ébahi de la version de 1951 très originale à une époque où les vilains extra-terrestres, symboles du perfide soviet, étaient de rigueur. Robert Wise proposait de mettre tout le monde face à ses responsabilités via l'arrivée d'un seul personnage à la fois menaçant et pacifique, puissant et faible. Accompagné de Gort, robot géant au pouvoir illimité qui devint l'icône du film, l'alien Klaatu délivrait un message en forme d'ultimatum : soit les humains cessaient d'être des créatures vindicatives et guerrières, soit ils étaient éliminés de l’univers. Message évidemment de circonstance en pleine Guerre Froide mais discutable par ailleurs : la formulation de Klaatu ressemblait un peu trop à l’injonction de l’Amérique impériale – "ressemblez-nous ou disparaissez" - pour n’être qu’un généreux message de paix.

À la faveur d'un visionnage plus récent, mon enthousiasme devint plus nuancé encore : tout cela était bel et bien, mais manquait terriblement de vie : une sympathique fable parfois simpliste, plutôt raide à la forme forcement datée. Bref, une nouvelle vision à la fois respectueuse et exigeante pouvait être prometteuse dès lors qu’on ne la confiait pas à n’importe qui. Malheureusement le choix paresseux de Scott Derrickson à la réalisation et David Scarpa au scénario révéla surtout un cruel manque d’ambition et de personnalité.

Car loin d’enrichir l’histoire, le tandem réussit l’exploit d’en souligner davantage encore les faiblesses et d’en appauvrir les aspects les plus intéressants : le gamin déjà peu crédible dans la version originale devient ici un insupportable moutard qui donnerait plutôt envie d’en finir au plus vite avec la race humaine. Au passage, cette version y perd gravement en maturité pour lorgner vers le public teenager.
Les allusions subtilement "christiques" de 1951 sont ici accentuées par une imagerie extra-terrestre pachydermique qui fleure bon l’apparition divine sulpicienne, jusqu’à l’arme de destruction punitive de Klaatu prenant la forme d'improbables nuées de criquets évoquant cette bonne vieille plaie d’Egypte. Une "trouvaille" qui permet même au titre du film de devenir hors sujet. Chapeau bas. L’autre idée lumineuse étant d’asperger le film de cette écologie désincarnée qui semble décidément être le seul sujet digne d’intérêt en lieu et place de la guerre ou autres souffrances humaines, comme si la Terre était devenue aujourd’hui un confortable havre de paix pour le plus grand nombre.

Côté personnages, Jennifer Connelly et Kathy Bates s’acquittent honorablement de leur rôle. Klaatu est lui interprété par un Keanu Reeves plus pâteux et inexpressif que jamais, illustrant cette vieille idée crétine et puritaine selon laquelle une civilisation plus avancée a forcement évacué les émotions et parle avec un balais enfoncé là où ça fait mal. Quant au célèbre Gort, il passe à la trappe pour n’apparaître que durant quelques plans fugitifs plutôt vilains et artificiels qui feraient presque regretter les genoux plissés de son caoutchouteux modèle.

Reste donc un carambolage de scènes plutôt mal écrites et platement réalisées, farcies d’effets sans aucune originalité. Cette version atteint donc involontairement l’un de ses objectifs : redonner du lustre au film de Robert Wise infiniment plus fin et maîtrisé que cette insipide gelée mystico-mélodramatique. Dommage, il y avait matière à une très belle relecture. Try again.

mercredi 8 juillet 2009

L'Auberge Espagnole

Pendant deux heures d'une mollesse invraisemblable, Cédric Klapisch nous conte poussivement les pérégrinations d'un petit jeune homme falot et propret qui n'arrête pas de trouver sa vie bordelique, pas "rangée" parce qu'il... ben justement on ne sait pas ! Car sa vie est tout sauf désordonnée et qu’il est le prototype du jeune homme rangé.

D'ailleurs à l'image du personnage, les plus grandes péripéties du film sont : le héros qui couche avec une femme infidèle ; l'amant d'une colloc' qui débarque pendant qu'elle est avec un autre ; le héros qui quitte son job administratif au Ministère des Finances pour devenir écrivain. C’est dire si on vibre.

Bref, même aromatisé au très bobohème Erasmus, ce n'est que du théâtre de boulevard pour jeunes gens de "milieu socio-culturel privilégié" comme l' on dit dans les statistiques sociologiques. C'est plein de bons sentiments communautaires et l'on a droit à tous les clichetons sur le thème, jusqu'à un discours chaussé de plomb sur "l'identité". Quelques moments agréables et quelques trouvailles du côté de la réalisation jalonnent une grosse confiture affreusement conventionnelle sans esprit ni finesse.

Mais le pire est encore cette voix off qui ponctue le film en déclamant des propos définitifs sur la vie, la mort, les vaches, avec un bouquet final sur les rêves d'enfance et autres vapeurs de luxes vues et lues mille fois au point où ça en devient embarrassant. Danièle Thompson doit adorer.

vendredi 26 juin 2009

Dreamcatcher

A la vision de cette énième adaptation d'un roman de Stephen King une idée vient immédiatement à l'esprit : comment l’association d'autant de talents confirmés peut conduire à une telle catastrophe ? A ce stade la chose relève presque de l'énigme surnaturelle. Car Dreamcatcher n'est pas un film banalement raté comme il en existe tant mais relève plutôt de l'accident industriel grave qui mérite de s'y attarder un instant.

Lawrence Kasdan à la réalisation et le multi-oscarisé William Goldman au scénario écartaient pourtant d'emblée la possibilité d'un échec majeur. Le premier s'est brillamment illustré tant au niveau scénario (L’Empire Contre-Attaque, les Aventuriers de l’Arche Perdue, Silverado…) que réalisation (La Fièvre au Corps, Grand Canyon, Les Copains d’Abord…) tandis que le second peut se prévaloir d'une des plus prestigieuses collections de scénarii du cinéma (Les Hommes du Président, Marathon Man, Princess Bride…) parmi laquelle figure même l'excellent Misery d'après déjà Stephen King. Un budget de superproduction et la participation d'acteurs de qualité complétaient le tableau et laissaient ainsi présager une entreprise sérieuse à l'image d'autres adaptations de l'auteur produites également par la firme Castle Rock (La Ligne Verte, Les Evadés, Dolores Claiborne...).

N'ayant pas lu le roman d'origine, il m'est difficile d'estimer ce qui relève de l'adaptation ou de l'idée originale. Mais peu importe : des mots ont bien été couchés sur papier pour décrire les situations décrites dans un film que des gens ont trouvé judicieux de produire. Et là on ne peut que douter de la santé mentale des décideurs.

Car enfin, comment des producteurs peuvent-ils décemment miser 78 millions de $ (!!!) en lisant cette hallucinante et chaotique compilation de thèmes rabâchés par l'auteur, un salmigondis où se téléscopent entre autres des-amis-d’enfance-se-retrouvant-adultes-pour-affronter-une-force-maléfique, un bestiaire extra-terrestre incohérent, une menace planétaire, une mission secrète de l'Armée, des télépathes, des "spores" empoisonnées et même une obscure guerre intergalactique qu'il nous faut deviner ? Comment peut-on envisager de filmer sans hurler au fou une longue scène aussi incongrue que ce malheureux "possédé" qui gonfle ici ou là, rote et pète grassement avant d’aller expulser un parasite étron dans les toilettes comme dans n’importe quel sous-produit de David DeCoteau ? Comment imaginer Mr Kasdan expliquant doctement à l’ingénieur du son qu'il faudrait que le bruit de pet soit plus prononcé pour produire l'angoisse recherchée ? Comment peut-on coller de tels affolants sourcils postiches à Morgan Freeman sans exploser de rire au premier test ? D’autant que son personnage de vieux Général caricatural passe son temps à débiter des déclarations sentencieuses et imagées sur le thème "on a des couilles". Sans parler d'un improbable final farci aux transformations saugrenues et dialogues tordants.

Enfin, comment Stephen King lui-même put-il qualifier le résultat de "premier film d'horreur et de suspense pleinement satisfaisant qu'un de mes livres ait inspiré au cours de quinze dernières années" ? Il faut reconnaître que le maître n’est pas forcement le meilleur juge en la matière, lui qui réalisa la pire adaptation de son œuvre avec le calamiteux Maximum Overdrive. Toutes ces questions restent sans réponses et même si la lumière de John Seale participe à la réussite de quelques jolis passages, Dreamcatcher demeure un supermega Z de Major, sommet de l'incongruité enveloppée dans une forme grand luxe, méritant sa place dans la Zone Fantôme du cinéma aux côté de Battlefied Earth, Waterworld et Catwoman.

mardi 19 mai 2009

Quantum of Solace

Badaboum revoilà Bond, James Bond. Ou James Bourne devrait-on dire tellement la franchise newlook s’évertue à coller au pantalon du héros de Ludlum porté à l’écran par Doug Liman et Paul Greengrass (la Mémoire/Mort/Vengeance dans la Peau). Et pas pour le meilleur : montage inutilement épileptique, héros en bois, un ton sérieux et pontifiant qui ici frise souvent le comique involontaire et évidemment - label Bond oblige - une histoire confuse et indigente cette fois arrosée à l’écolo-humanitaire d’opérette. Oui, ce volet est plus médiocre encore que le précédent.

Si Casino Royale version 2006 présentait l’avantage de la nouveauté, pouvait s’enorgueillir d’une vertigineuse scène d’ouverture et de quelques climax décents, Quantum of Solace s’englue presque immédiatement dans le pathos à deux sous et la poursuite standard. Face à la pléthore de films d’action échevelés puissamment boostés aux effets spéciaux qui déferlent sur les écrans depuis des années, il est en effet bien difficile de captiver avec une énième poursuite en bateaux, des cavalcades sur les toits ou l’incendie d’un immeuble en bois de quatre étages planté dans le désert en guise d’apothéose. Même filmés au stroboscope.
On dirait que les auteurs font tout pour se mettre eux-mêmes des bâtons dans les roues : pas de gadgets, aspects spectaculaires mineurs, bad guy anti-charismatique et surtout une intrigue désespérante : une mystérieuse organisation veut renverser un gouvernement d’Amérique du Sud pour y coller un général dictateur qui leur filera le marché de la distribution d’eau. Comment espérer une seule minute surprenante avec ça en 2009 ? Même un téléfilm avec Dolph Lundgren ne se permettrait plus un scénario aussi vermoulu et prévisible. Il faut reconnaître que changer les scènes en cours de tournage et réécrire les dialogues au jour le jour ont rarement produit de bons résultats. N’est pas Mankiewicz qui veut.

Pourtant l’ambition de dépoussiérer un folklore Bondien souvent daté est en soi louable. Plus énergique, plus court aussi, des James Bond Girls - un peu - plus crédibles, une M plutôt pète-sec, tout cela va dans le bon sens. Quant à Daniel Craig, il a incontestablement la stature adaptée aux exploits acrobatiques imposés, loin des vieux beaux en blazer qui l’ont précédé. C’est toutefois insuffisant face à la légèreté – pour ne pas dire le je-m’en-foutisme - du scénario qui reste tragiquement fidèle à la franchise.
Quitte à se satisfaire une histoire qui tourne à vide, il me semble que les gondoles aéroglisseurs, les Lotus amphibies et les supertankers avaleurs de sous-marins atomiques sont préférables aux petites valises de billets et autres états d’âme sentimentaux bidons. Car il ne suffit pas de contracter la mandibule en marmonnant des fadaises pour transformer un divertissement léger en un film d’action "sérieux". Il faut aussi une intrigue propice au suspens et (soyons fous) un peu d’imagination. Sinon on obtient l’inverse de l’effet escompté : on est tenté de rire du film au lieu de rire avec lui. Si Casino Royale frisait déjà cet exploit, Quantum of Solace y ajoute un ennui profond.

samedi 21 février 2009

L'Incroyable Hulk

Après Iron Man qui inaugurait la reprise en main par la Marvel de ses héros portés à l’écran, voici le retour du colosse vert parfumé aux rayons Gamma. Un nouveau départ censé faire oublier la précédente version de 2003 réalisée par Ang Lee et jugée catastrophique. Le moins que l'on puisse dire c'est que l'on est loin du compte.

S'appuyant sur un scénario qui exploite le thème essoré du super soldat, le film se contente d'aligner les clichés les plus prévisibles sous le prétexte paresseux de la fidélité à l'histoire d'origine. Pas une seule minute qui soit surprenante : tout est vu, revu et passablement faisandé au-delà du tolérable, en particulier lorsqu’on se targue de rénovation.

La réalisation impersonnelle de Louis Leterrier ne compense malheureusement pas cette vilaine trame en égrenant platement toutes les tartes à la crème visuelles en vigueur dans le film d'action de la décennie, musique tambourinante au kilomètre comprise. Jusqu'à d'invraisemblables incohérences où la même poursuite voit alterner des plans de nuit totale, de plein jour et de petit matin, où des trombes d'eau se déversent juste au bon moment sans prévenir, où des batailles rangées se déroulent sur un campus d’université totalement désert, où l’on fabrique un vaccin dans une cuisine avec trois éprouvettes et autres stupidités du même tonneau. Où sous prétexte de divertissement on prend le spectateur pour un crétin…

Le thème original du bourrin vert n’étant pas à la base d’une richesse époustouflante, et passée la déception d’un traitement qui joue ouvertement la démission côté imagination, on pouvait espérer quelques compensations spectaculaires dernier cri là où le film d’Ang Lee échouait cruellement. Hélas nous n’aurons droit cette fois encore qu’à des créatures artificielles d’une rare laideur tant esthétique que technique. L’ennuyeux combat de catch final sur fond de grosses voix déformées et de rugissements est aussi creux sur le plan visuel que dramatique. Comme les autres personnages, on se contente de regarder, incrédules, ces improbables séquences de "dessins animés" sans intensité ni enjeux.

Quant aux acteurs plutôt hauts de gamme qui se sont fourvoyés dans cette aventure, ils font certes correctement leur boulot, mais ne sont pas pour autant très bien choisis. En particulier un Tim Roth dont le talent n’est plus à démontrer mais qui, outre les trois phrases moisies qui lui sont dévolues, n’a pas vraiment le physique du rôle. Quant à Liv Tyler en scientifique de pointe no comment… Edward Norton fait au mieux avec ce qu’on lui donne tandis William Hurt s’en sort honorablement dans un rôle en carton. Bref, comme un petit sentiment de confiture aux cochons, même si ces présences prestigieuses et le ton sérieux permettent au film d’échapper au statut d’indigent nanar façon Les 4 Fantastiques pour se contenter de n’être qu’un mauvais film sans saveur. Quant à la comparaison avec la version honnie de 2003, l’aspect dit "psychologique" me semble mieux traitée par Ang Lee et ses comédiens qui n’ont décidément pas à rougir devant ce triste avatar.

Après l’inattendu Iron Man doté d’un scénario à peine plus passionnant mais tout entier porté (détourné ?) par l’acteur et un réalisateur qui a la sagesse de le laisser faire, cette nouvelle mouture Marvel n’augure rien de bon. Elle démontre que la " fidélité" n’est pas nécessairement un gage de qualité et que la thématique des super-héros manque trop souvent de substance pour n’être confiée qu’à des réalisateurs dociles se contentant de filmer un storyboard conçu par une armada de scribouillards aux ordres.
Depuis le Superman de Donner jusqu’aux récents Batman de Chris Nolan en passant par Tim Burton et évidemment les X-Men de Bryan Singer, les producteurs devraient savoir que les réappropriations sévères de la part de cinéastes de caractère constituent la seule manière viable de porter à l'écran des histoires souvent simplistes et datées. Robby pas content.

lundi 28 juillet 2008

Le Diable s'habille en Prada

Vain et affreusement convenu, tout y est désespérément prévisible et superficiel. Dommage, on pouvait s’attendre à quelque chose d'un peu plus consistant et documenté sur les jeux de pouvoir dans le monde de la mode ou au moins sur la personnalité du "diable" dont il est question puisqu'il est inspiré d'un personnage réel.

Problème d'adaptation ou désir de ne déranger personne, quoiqu'il en soit on a simplement droit à un enchaînement de scènes filmées platement et sans aucune surprise ni originalité, à la manière d'une quelconque production télévisée. Le réalisateur David Frankel est d'ailleurs un habitué des séries type Sex and the City. Mais étrangement on ne retrouve là aucun moment impertinent ou décalé de cette série qui pourtant proposait un univers très proche de ce Diable habillé en Prada, la production n'ayant sans doute pas confié le film à ce réalisateur par hasard.

Pire encore, Meryl Streep est assez peu présente finalement. Elle y est impeccable mais ça ne surprendra personne de la part d’une des plus grandes actrices de sa génération. Au passage, si le succès du film la remet définitivement en selle pour une seconde carrière à sa mesure et qui tarde un peu à venir, ça sera déjà ça de gagné.

En face, Anne Hathaway y est en revanche très pénible avec son jeu ultra limité farci aux tics formatés série pour ado, style Kathie Holmes.
En fait c'est l'acteur Stanley Tucci incarnant le bras droit dévoué de Meryl Streep qui créé la seule surprise du film en jouant sur un registre tout en nuance un personnage qui aurait pu verser dans la plus épouvantable des caricatures.

La fin n'évite pas non plus l'un des leitmotive du cinéma américain qui consiste à transformer les comportements les plus odieux dans le monde du travail en leçon de vie dont la victime doit être reconnaissante au bourreau, sur le mode "tu seras plus fort après". Lamentable.

vendredi 25 juillet 2008

Spiderman 3

Un soap KD2A un peu ennuyeux dans lequel le réalisateur Sam Raimi se rappelle de temps en temps qu'il y aussi des Supers Vilains. Malheureusement, comme dans le premier film de la série ils sont bâclés, l'homme-Rice Krispies joue atrocement mal et James Franco finit avec une escalope de veau sur la joue.

Ce troisième épisode aligne platement des scènes dénuées de toute intensité dramatique et ce malgré l'introduction du célèbre costume/entité extra-terrestre qui aurait pu être l'occasion de s'écarter enfin du registre falot des émois adolescents de Peter Parker pour explorer des pistes un peu plus complexes et sombres. En effet, considérant le succès colossal des deux films précédents, les auteurs pouvaient faire preuve d'un peu plus d'audace et de personnalité, à l'image d'un Tim Burton enfin libre sur le second volet de son Batman. Mais cédant à la facilité, Sam Raimi se contente de nous servir quelques paresseux moments de comédie piochés par l'ordinateur de la Columbia dans le best of des 101 gags les plus vus au cinéma. Impardonnable.

Le talent certain de Tobey Maguire et Kirsten Dunst sauvent le peu qui reste à sauver dans un machin poussif, sans âme et surtout sans aucune imagination durant lequel on peut souffler les dialogues aux personnages et où les scènes spectaculaires ressemblent à un dessin animé Pixar.

mercredi 23 juillet 2008

Alien Vs Predator

Comme on pouvait malheureusement s’y attendre, la Fox dévore ses enfants avec cet infâme gloubiboulga qui outre Alien et Predator, mélange à peu près tout et n’importe quoi de Stargate à La Momie en passant par Jurassic Park, pour obtenir au final une toute petite série B d’une effroyable pauvreté.

Très sûr de lui, le héros n'hésite pas à lancer "Je crois que tout ça à un sens" et il est bien le seul à le penser. Les dialogues sont en effet à hurler, les acteurs itou, en particulier la Ripley de service qui arbore un superbe visage en bois. Les liens avec les précédents Alien sont tellement inexistants qu'il a fallu parachuter Bishop Weyland incarné par un Lance Henriksen momifié et totalement inutile dans un scénario indigent qui semble avoir été écrit par dix personnes différentes qui ne se sont jamais rencontrées. Le meilleur étant "l'astuce" des fresques qui expliquent tout, immédiatement décryptées par un héros décidément épatant qui devine que le décor change de forme toutes les dix minutes. A ce stade ce n’est plus de la déduction scientifique c'est de la voyance.

Côté look, si l'on fait abstraction des images 3d, on se retrouve avec un téléfilm où les protagonistes évoluent dans de simples couloirs comme n'importe quel Carnosaure à 2$. Le décor intérieur du vaisseau Predator est quant à lui parfaitement grotesque, difficile de faire moins fonctionnel. Où comment faire comme si Alien n'avait jamais existé, un comble. Une mention pour les oeufs sur tapis roulant façon Les Temps Modernes, merci Charlot.

La poursuite finale avec la reine Alien fait très légèrement décoller le film mais conforte l'idée selon laquelle l’aspect de la créature n'a rien de très "Gigerien". Elle est même plutôt ridicule avec ses petites pattes grêles. Idem pour les Predators qui ne ressemblent à rien sans leur masque, vague croisement entre une araignée de mer et un bouledogue.
Je préfère ne pas m'étendre sur les matches de catch entre les 2 bestioles qui achèvent définitivement le film et le spectateur.